vendredi 16 novembre 2007

La route est longue... tellement longue... - Part 1-

Avant hier, journee a Dar, vraiment sympa: j'ai trouve une boulangerie francaise, fonce dedans et mange un tres bon croissant... pendant qu'il tombaient des trombes d'eau dehors... Relax.

Hier, depart le matin pour mon bus pour Arusha 8h - arrivee prevue 14h.
Je ne sais pas pourquoi, mais meme si je sais que les horaires africaines sont les plus incertaines et que j'y suis maintenant habituee, j'y croyais vraiment aux 6hrs "seulement" de voyage...

Mais non... apres 1/2 de route, on s'arrete sur une "aire" et au moment de repartir, impossible d'avancer: le pneu arriere est dans une petite rigole de rien du tout. Je ne comprends pas ce qui ne va pas. Mais si, pire que tout: ce n'est pas la rigole le reel probleme, mais le pneu lisse a souhait (comme tous les autres) qui au moindre creux glisse sur le sol et s'enlise... et il pleut. On est reste 4 heures comme ca, a attendre qu'ils reparent. Et c du systeme D en Afrique, donc tout le monde s'y est mis. Alors j'en ai profite pour aller manger une omelette tanzanienne, dans la rue. (Je n'aurais jamais pu faire ca avant car les conditions dans lesquelles la cuisine de rue se fait sont ragoutantes... mais j'avais trop faim. Et ct bon! Menu: omelette aux pommes de terres et banane frit.
Finallement on repart.

Ce qui etait tout de meme genial, c que j'avais bcp de sympathie pour le conducteur et son "assistante", et pour les passagers. Ils etaient cool et toujours le sourire aux levres. Vraiment une bonne vibe, c important!

On reprend donc la route, trankil, l'assistante nous offre des sodas... mais ca n'allait pas durer...

Une voiture nous depasse en nous faisant de grands signes. On s'arrete. Le compartiment a bagages s'est ouvert durant le voyage, et nous avons perdu des affaires. (aarrgghh!!) Sauf que je ne comprends pas tout, tout de suite. Personne ne parle anglais, je vois tout le monde s'exciter en Kiswahili... je ne comprends rien. Je vois juste leurs visages paniques. Ils sortent pour aller voir qui a perdu quoi... et la je comprends... je cours aller voir moi aussi si ma carapace de sac ne m'a pas quitte car tout le monde remonte deja (il faut faire vite en Afrique, si tu comprends rien, t'es fichu.) Il est toujours la! Je ne sais pas combien de fois g remercie le ciel, mais a mon avis il m'a bien entendue!

On fait donc demi tour sur le lieu du crime, en esperant retrouver le seul colis perdu... et en arrivant a l'endroit presume, on voit un petit gosse se carapater avec le colis a la main vers le village au bord de la route. Et la, le theatre commence. Je jubilais, me demandant ce qu'il allait se passer. Comment les Africains se debrouillent pour regler un pb, et pour punir... un enfant!
Tout le monde descend, c la cohue, je fais profil bas.

Un truc me frappe: les passagers du bus sont tous d'un niveau social moyen a assez eleve. Je ne m'en etait pas rendu cpte jusqu'a ce que je vois les habitants du village: presque nus, vetements dechires et sales n'est meme pas suffisant pour decrire, de mauvaises odeurs (melangees aux parfums des femmes du bus), plus de dents, bref, ce fut la guerres des mondes!

Les femmes commencent a prendre un petit a part et a le sermoner, avec tout leur dynamisme de mama africaine ;) et les hommes investissent le village pour retrouver le voleur. Car ct ca le pb: le vol - innaceptable. Le petit se fait encercle et submerge de sermons, de regards tueurs, et il pleure et il pleure en marmonnant des trucs que je ne comprends pas.
En fait, je ne comprenais verbalement rien de toutes ces scenes, mais je comprenais tellement plus de par leurs regards, leurs gestes, les intonations de leur voix.
Les femmes s'excitaient sur lui, a parler, crier, et les hommes les mettaient a part en criant aussi, du genre:" femme, tais-toi et laisse faire les hommes!"
Ca dure bien 1 h. 2 - 3 enfants sont extirpes du village par les hommes, pour les emmener dans le bus, pour aller a la police. Et la, c encore pire (mieux!) Tout le village fonce sur nous, de colere, en criant (selon moi) qu'on avait pas le droit de les enlever. J'ai meme eu l'impression kils disaient qu'on pensait que ct eux car ils sont sales et pauvres, et que ce sont forcement des voleurs. Bref, apres avoir echappe de peu a une bagarre generale, on s'enfuit. J'attends de voir la police et ce qu'ils vont bien pouvoir faire a un enfant pour le punir...

L'atmosphere est tendue dans le bus. On a recupere qu'une partie du colis apparemment... et moi mon sac. Je l'ai mis a mes pieds, plus sur!
On arrive au poste de police. Les enfants descendent et se font violemment accompagnes dans le poste par un policier, apres les longues explications du chauffeur et des hommes (les femmes restent maintenant dans le bus sans rien dire ;) Mais moi je descends, je ne suis pas Africaine!
Ca dure longtemps, on ne voit rien, et je ne sais pas pourquoi, mais j'imagine des choses pas tres belles. Cad que je ne sais pas comment ca se passe ici pour les voleurs! Encore plus pour des enfants!
Puis on repart, sans nouvelles (que je puisse comprendre)...

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