dimanche 13 janvier 2008

Aux pieds de l'Himalaya... mon Everest culturel

Cela fait maintenant 4 jours que je me suis enfuie de New Delhi l'Insalubre... Quel Bonheur! pour arriver a Kathmandu au Nepal... cet univers incomprehensible et impalpable au milieu des plus hautes montagnes du monde.

Cet espace froid et immense que je vois depuis l'avion me plait deja... je sais que je reviendrai au Nepal. Coup de coeur immediat. Je ne peux l'expliquer, mais je me sens bien, j'ai le sourire punaise aux levres, la tete qui s'aere... mais tout cela me fait un peu peur. Pourquoi est-ce que je ressens autant de sentiments pour cet endroit que je ne connais meme pas encore? Trop c'est trop. Je me reprends, il ne faut pas que je perde de vue ma solitude et vulnerabilite dans un endroit neuf pour moi.

Nous nous posons, j'ai mon visa, je sors et une armee de taxis, et autres guides m'assaillent qui veulent s'occuper de moi... bon, ca y est, maintenant j'ai l'habitude... je rigole, je suis bien, meme pas peur, Merci l'Afrique pour tes lecons!
Je n'ai aucune idee de l'endroit ou je vais dormir ce soir, et il fait deja nuit. Je discute, negocie, demande des endroits, vais et viens, les fais tourner en bourrique... haha! Que c'est bon de ne plus etre perdue dans le Monde! Je me sens chez moi partout a present... meme si la mefiance reste ma meilleure amie.
Je fais mention des commissions que ces gars doivent avoir, et que je ne veux pas aller dans un de leur endroit pourri, car je veux dormir ce soir! Commence alors une discussion "d'homme a homme", theatrale et agitee, presque agressive, mais sincere, car il sait qu'on ne joue plus, il apprecie ma franchise et finalement m'emmene dans un endroit parfait, pas cher du tout, avec eau chaude, mais toujours pas de chauffage. Premiere douche chaude depuis Goa...

Donc depuis 4 jours, je me balade dans cette ville, si safe et calme d'un cote, mais si politiquement bousculee et bruyante d'un autre.
Tous les jours, j'entends des appels a la revolution maoiste dans la rue, avec des voitures a haut parleurs qui passent, ou des manifestations bruyantes. Je ne comprends pas ce qu'ils disent exactement, mais le ton est agressif, violent et fort. C pas tres rassurant...
Tous les jours aussi la ville est dans le noir ou presque: eclairee a la bougie car coupure d'electricite de 17h a 23h en moyenne. C'est charmant, meme si parfois tres ennuyeux.
Sinon, ca n'a rien a voir avec l'Inde, quel plaisir! Je me balade tranquille dans la rue, meme le soir venu, ca sent la paix individuelle.

Cependant, mon premier jour a Kathmandu est un coup de poing en lache, un upercut de sentiments et de ressentis. C'est tres dur: je suis tentee de dire que le meme MOZ n'a pas ete aussi difficile. Je ne sais pas pourquoi, c'est venu sans crier gare. J'ecris pour me vider de ce trop plein de pensees en desordre.
Il me semble que c'est l'apmosphere et ces montagnes autour, une etrange impression d'espace, de trop d'espace, de culture tellement eloignee, ca me rappelle a une spiritualite trop longtemps oubliee. J'ai l'impression d'avoir le coeur beant, malade, incompri ou a l'envers. Cette spiritualite environnante, et puis toujours ces histoires avec ces montagnes, c'est tellement haut, j'en ai le vertige. Ces fous qui les gravissent, et qui meurent la-haut... pour quoi? pour qui? Nous n'avons pas le droit de nous croire dignes de ces hauteurs pures et metaphysiques.
Mais je crois que ma souffrace vient surtout du manque de hauteur de mon esprit. Je suis tellement obligee d'etre les pieds scotches a terre, d'etre concrete et realiste en ces temps de baroude solitaire, qu'ici, je ne dispose pas de la hauteur necessaire, de la fluidite de mes pensees et de ma foi en la vie pour etre indifferente face a cette decouverte.

Je me decide donc a aller voir d'un peu plus pres du cote de ce geant puissant et froid: l'Everest. Je prends l'avion pour aller survoler les pentes himalayennes. Je vois l'Everest et Lothse d'aussi pres que je ne les reverrai jamais. C'est effrayant mais tellement beau. On dirait, a moindre echelle, la coque d'une huitre, avec du sucre glace dessus. Oui, c mon cote concret et realiste qui revient. Je ne peux consciemment imaginer que tout cela existe.
Mais j'avoue avoir pense a gravir le Toit du Monde depuis que je suis ici. Mais je promets de ne jamais le faire. Et si j'en parle, arretez moi. Car c'est une attraction puissante que j'ai la, mais une attraction qui me serait fatale. Car je ne suis pas une fille des montagnes, mais une fille des plages et de la chaleur. Zero metre au-dessus de la mer. Je ne veux pas de passion brulante de froideur, pas de passion tout court. Je veux l'Amour et l'Eau fraiche, le jardin a cultiver et la simplicite de l'esprit, etre naive et aimer comme je peux. Ne pas aller plus loin. Pourquoi dailleurs? La vie telle qu'on la vit n'est-elle pas deja suffisante, remplie et diverse de toutes nos histoires et aventures. Aller trop haut ne nous ferait que retomber plus vite et plus douloureusement.
C'est a ca que servent les reves. A les rever puis a les realiser tant que l'on en est capable. Mais certains reves sont innateignables, car Rever ne veut pas dire idealiser, Rever c'est se rapprocher de ses ideaux, par les moyens dont on dispose, et etre heureux d'au moins essayer... et d'y arriver.

Vous me manquez tellement

7 commentaires:

Anonyme a dit…

Salut kelly désole pour le retard exam et pas internet à la maison c'est pas facile de me mettre à jours
un grand bravo pour toutes tes pensées, je lis jamais j'aime pas ça mais si tu fais un livre de tout tes messages du blog j'achète
Tu continues des villes avec des noms plus faciles à prononcer c'est moins dure à lire
Je pense à toi et toutes les forces que tu as de faire ton perriple inoubliable
encore bravo et quand tu arriveras à bon port
tu te diras oua j'ai fait tout ça
c'est dingue
Gros bisous
et va aux bout de tes rêves comme disent les inconnus

Anonyme a dit…

pas les inconnus mais les enfoirés

Anonyme a dit…

C'est émouvant de lire ce que tu écris. Preuve qu'il fallait faire le Népal. Tu te souviendra que c'est au Népal, que tu auras fait le point de tout ce que tu as vécu, pourquoi tu l'as vécu, et ce que cela t'a apporté.
Et tu me rappelle un de mes copains qui, connaissant la dangerosité de la situation au MOZ, m'avait dit que si tu t'étais sortie de la seule, tu aurais plus peur de grand chose ensuite.
C'est trés fort tout ce que tu as fait.Ce n'est pas pour rien que cela m'a retourné dans tous les sens.
Je suis fiére, et surtout trés heureuse pour toi de ce que tu ressens.
mamoune

Anonyme a dit…

Ducos, mardi 15/01/08 13h05
Tu sais, quand tu commences à gravir des montagnes, et bien ça devient une drogue, toujours plus haut et plus gros, et plus près du ciel, le monde du silence. Ca me donne envie d'aller voir. Ca doit être impressionant de frôler ce monstre qu'est l'Everest, Respect !!!! Ca doit être puissant que de le voir au loin, imposant, immobile, mais qui te retourne tout l'intérieur. Chapeau ma puce. En fait l'Everest doit prendre à chaque être qui l'approche un peu de vie, un peu d'inconscience pour se nourrir et être ce qu'il est. Dommage pour le dépotoir que c'est à ces pieds...
Bonne continuation, et à J-7 now, et qu'est ce que j'ai dans les mains ????
Bisous
Fifi & Co.
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Anonyme a dit…

ce que tu écris est beau et censé , sensuel et tout et tout
Bientôt tu vas devenir notre "dalai lama" et nous irons chercher la sagesse à tes pieds ( que tu as bien sur terre pourtant) A bientôt, VENERABLE KELLY
Le toubib
R G

Anonyme a dit…

Chère Kelly;Je vais te choquer!
Tu aperçois l'Everest, tu le touches presque des doigts; saches que tu ne l'atteindras jamais. Personne ne l'atteind jamais, même ceux qui y ont hisser un drapeau ...On n'atteind pas l'inaccessible ou on manque d'humilité. Et l'humilité, la vraie est très peu accessible à l'Homme Blanc; mais c'est vrai que tu es femme et pas tout-à-fait blanche ... Peut-être, l'humilité te sera accessible; après ce voyage.
Je suis toujours à essayer d'atteindre mon Everest, à bientôt 56 ans, péniblement, en chutant souvent, trop souvent, mais à ton exemple, je me relève pour repartir, un peu plus fatigué, un peu plus déterminé; paradoxal; à l'image de ton voyage (j'aime bien dans ton cas évoquer le mot "voyage"). A chacun son voyage qui dure ...si peu d'année en fin de compte! Le tien, je te le souhaite, quand il s'achèvera en Nouvelle-Calédonie, n'en sera qu'à ses débuts ...
Tonton ERIC.

Anonyme a dit…

Sayer le Népal et toute son immensité wouhaouu... Je t'avais dit pdt nos deux semaines qu'un jour j'y serai et après ce que je viens de lire c'est encore plus confirmé. Le matin quand je te lis avant de commencer les tâches quotidiennes qui le seront encore longtemps et bien ça me fait un peu même bcp voyager tous ces écris, les photos quel "parcours de santé"... Je vois que le moral remonte au Népal alors profites en encore et encore et embrasse l'Everest de ma part...

Je te fais d'enormes bisous pleins de pensées.

La Vache